Slogan de Générations et Cultures
Le 20/07/2010
Le cul de four : Entre un passé proche marqué par une richesse économique, culturelle et un présent précaire en plein effritement social

Des entretiens et des témoignages recueillis, il en ressort deux constats majeurs. Une nostalgie vers un passé caractérisé par les rapports de solidarité, de respect, d’entraide liés entres autres aux mouvements ouvriers qui ont marqué l’histoire du quartier cul de four à partir des années 50 jusqu’aux années 80. Cela s’énonce communément chez des habitants étant soit des anciens ouvriers ayant vécu eux même l’évolution économique et sociale qu’incarnait le contexte général du quartier Cul de Four. Soit des habitants dont les parents ou grands parents leur ont transmis les pratiques ouvrières et ce qu’il en ressort en termes de vie collective. « Je suis née en 1950 à Roubaix. Ma mère habitait Fontenoy mais elle travaillait chez Lepoutre , moi aussi d'ailleurs j'y travaillais en intérim pendant les vacances scolaires, et j'avais 17 ans, il y a mon mari et mon beau père qui habitaient rue de Turgot et mon papa rue de Tourcoing presque face à face…dans le cul de four, les gens qui y habitaient venaient un peu partout, de l'Espagne, Portugal, les maghrébins se sont vraiment installées à partir de l'indépendance fin des années 60 et 70. Dans les années 50, la vie était différente entre les gens. Ils s'entraidaient. Les portes étaient ouvertes aux gens qui venaient de l'étranger, etc,,, Ma mère travaillait dans le textile et y avait des flamands, des polonais, un peu de tout, et ils se respectaient, c'était l'esprit de l'époque » témoigne une ancienne habitante du quartier.
L’existence de beaucoup de petits magasins « au moins deux magasins par rue » et le travail important qu’apportait le monde associatif, contribuaient également à promouvoir une meilleure cohabitation entre les habitants du quartier « Je suis arrivé dans le quartier j’avais sept ans. J’habitais le Pas de Calais avant. Mes parents étaient des mineurs. Ils travaillaient dans les mines et ils voulaient arrêter la mine. Mes parents étaient concierges à l’usine ToutleMonde pendant une bonne vingtaine d’années. C’était une usine qui se trouvait en face d’oliviers de serres. Je me souviens, au début, le quartier était très très commercial, il y avait énormément de commerçants, rue voltaire particulièrement. il y avait le coiffeur, un magasin italien qui faisait le fromage, etc. Il y avait deux boucheries et une chevaline, il y avait beaucoup de choses. Il y avait aussi beaucoup d’associations » stipule une habitante. Un peu plus loin, une habitante dit « il y avait pas mal de petits magasins et c'était bien parce que ca animait le quartier. Mais il y en avait plus du côté de la fosse aux chaînes. Il y avait aussi le café le beau regard, une poissonnerie. Il y avait un photographe. Au cul de four il y avait des petites épiceries. C'est un quartier où il y avait beaucoup d'usines qui ont été détruite et on en a pas reconstruit depuis », « Je suis arrivé ici j’avais douze ans et demi. Ca fait 50 ans et demi. Il y avait plein de magasins, de commerces. Il y avait toujours du monde. C’était bien animé. il y avait le magasin de la droguerie. J’ai connu la bisse, le tablier, le boucher chevalin, le boucher Gile, la pharmacie, Madame Gautier. Il y avait un marchand de légumes, le marchand de télévisions place du Progrès. Il y avait la boulangerie de Madame Vandale, mais tout a fermé, il y a plus rien, c’est triste, il y avait le marchand de pates, les italien. Mon papa me disait je te conseille d’ habiter là dans le quartier au moins t’as tous les magasins »

Le cul de four d’aujourd’hui s semble être un présent qualifié d’insécurité, de marginalisation et de désenchantement.
En effet, et suite à la fermeture des usines de textile et autres, le départ de beaucoup de commerçants, la dégradation du parc d’habitation, beaucoup d’habitants ont quitté le quartier. Le chômage et les ressentis d’insécurité ne cessent d’augmenter. L’arrivée de nombreuses familles vivant de redistribution sociale ainsi que le sentiment d’abandon exprimés chez les habitants, attestent sur un présent conflictuel « le cul de four maintenant son image est vraiment triste, on a l'impression que c'est un quartier abandonné…je traverse la route et c'est que des terrains vagues. Et c'est là que je comprends qu'il ya de plus en plus de délinquance. C'est parce qu'il ya rien qui est fait pour les jeunes, maintenant qu'on entend que la salle Rossigny est fermée, moi je l'ai connue la salle. A l'époque de Madjid et Nassim aussi » précise une habitante comme l’énonce également un autre habitant « maintenant il ya plus rien à part, je sais que dans le centre social y a pas mal de choses. La salle Rossigny c’était une salle qu’ils avaient fait en attendant qu’il ya une salle de sport. En attendant et ça duré 20 ans. Maintenant elle n’est plus utilisée parce que ce n’est pas conforme aux normes de sécurité. C’est devenue dangereux le sol, le plafond. Mais sans proposer autre choses ».
Quant au cadre de vie, une habitante nous témoigne « L’ordure qu’il ya c’est honteux, La sécurité, je te dis pas, y vraiment de l’insécurité ici, quand on était jeunes, je veux dire dans le tps, il n’y avait pas ça. les gens se connaissaient, se respectaient, et veillaient sur leur bien et celui des autres.Si j’ai une occasion de partir du quartier, je pars parce que ca devient de plus en plus désagréable ».

Cela dit, la diversité des ressentis autour du quartier représente également une autre façon d’exprimer l’attachement de l’habitant à son quartier et laisse esquisser des possibilités de prise de conscience à la participation au développement du quartier.
Autres informations :Lien 1
Zone admin : Connexion

Merci de nous faire part de toute rectification, précision ou apport que vous jugerez utile à l'adresse generationsetcultures@nordnet.fr

Générations et Cultures - Association Loi 1901 - Tout droit réservé.